Tout à commencer au mois de décembre. J'apprends qu'il y a une nouvelle course dans le secteur, elle se déroulera à Bréquigny. 3 épreuves seront à l'ordre du jour : un 24 heures (non, je n'y pense même pas), un 12 h et un 6h.
Le 12h.... ça me tente bien. En plus le départ se fera à 22h, donc course nocture. L'idée me plait. Je ferai partie de l'aventure. En plus, je vais y associer un copain qui ne le sait pas encore... Il veut arrêter la CAP, c'est ce qu'on verra. Petit mail au coach afin de savoir si je peux compter sur lui pour ma prépa.. et dès le début janvier, je commence l'entraînement. Durant 2 mois et demi, ces sorties hebdomadaires vont rythmer mes semaines. 4 voire 5 sorties, parfois des bi-quotidiennes, parfois des nocturnes, de la VMA...
Ce ne sera pas toujours facile, j'ai des coups de fatigue, un emploi du temps parfois chargé (travail, maison,autres loisirs), mais je garde le cap et je me plie aux séances d'entraînement avec assiduité. Les 15 derniers jours seront les plus longs. La fatigue me gagne et une angine de dernière minute m'inquiète un peu. Mais je me soigne.. et mets tous les atouts de mon côtés. Le doute essayera de s'imiscer en moi, mais il me faut l'éloigner. Je m'y suis préparée, et je reste positive malgré ces petits problèmes passagers.
J'ai hâte d'être au jour J. Et ce jour, le voici.... Dès 17h je suis du côté de Bréquigny pour soutenir les participants. Je les vois passer devant moi, les 6h, les 24 h et je me dis que mon tour arrive.
22h Philippe (mon compagnon des 12h) et les autres participants et moi, nous sommes sur la ligne de départ. Le mauvais temps n'aura pas raison de notre motivation; Il fait froid, mais il ne pleut pas. C'est déjà ça. 1er tour,

mon cardio ne fonctionne pas; Attention à ne pas aller trop vite. Pour ne pas me laisser tenter de suivre un rythme qui n'est pas le mien, je regarde juste devant mes pieds. Si Philippe veut partir, qu'il parte, moi je ne dois pas me mettre dans le rouge. fin du 1er tour; tout est ok. Les sensations sont bonnes, la foulée est satisfaisante; environ 12mn/12'15. Pendant 4h nous seront réglés comme des pendules. Hyper réguliers. J'ai compté les tours au début, puis au-delà de 20 - 25, je ne savais plus où j'en étais. Cela n'a aucune importance. On est là pour 12h. Les silhouettes se suivent, on s'encourage mutuellement, l'ambiance est bonne. A chaque tour, nous passons par le ravitaillement. Attention à ne pas trop s'alimenter, à ne pas se sous-alimenter aussi. L'eau froide et le coca froid commencent à me faire mal au ventre. Ce sera soupe, thé dorénavant.
Le rythme baisse. Mais nous courons toujours. Vers 6h de course. Arrêt pour manger une purée. Elle fait du bien. Nous repartons. Mais, cet arrêt un peu plus long que les autres aura pour conséquence de voir nos corps s'engourdir un peu, le froid me saisit. Nous repartons doucement pour réchauffer nos muscles; 8h de course sans marcher (sauf arrêt stand), puis nous commençons à touver le faux plat plus éprouvant. Nous décidons que, dorénavant nous marcherons pendant le virage - je ne sais pas si c'était la bonne solution, car une fois que l'on commence à marcher, c'est fini, la marche devient nécessaire... Nous marcherons de plus en plus. Mais nous reprennons quand même notre foulée de temps en temps. Le matin se lève, c'est magique. Reste quelques heures à tenir.... Je sais que nous irons jusqu'au bout !!!
Des visages connus sont venus nous faire un petit

pendant notre périple. Cela fait énormément de bien au moral, certains ont parcouru quelques mètres en notre compagnie. A eux tous, aux bénévoles qui nous ont soutenus, à toute l'organisation, je leur transmets un grand merci.
Ce fut une superbe expérience. Le "syndrome du poisson rouge", peut-être, mais un super travail sur soi en tout cas.
Mon compagnon de route et moi, nous ne nous sommes pas une seule fois chamaillé malgré la fatigue et la présence de l'autre pendant 12 heures d'affilée !!! et le clou du spectacle, nous sommes arrivés en bonne place au classsement. Avec 92.5km au compteur, je suis arrivée 2nde féminine sur 4 et 4ème au total sur 15 arrivants. Un podium !!! bon, j'ai profité de l'instant car il faut bien le souligner, c'est très rare, voire exceptionnel.
Certains diront que je ne me suis pas trop foulée pendant ces 12 heures car effectivement je n'ai jamais été dans le rouge, mais c'est ma façon à moi d'appréhender la CAP - et ça Alain l'a bien compris ; Bon, les 2 dernières heures, il a fallu de la volonté, la fatigue se faisait sentir, mais vraiment, c'était du bonheur !!!